Saison un, épisode trois: Les études supérieures. Satanisme, le spirituel et sa pratique

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Dans ce troisième épisode, je vous ai partagé mon expérience dans ce qu’on appelle le satanisme. À la vue de ce récit, certains se diront que c’est peut-être un terme exagéré. Encore une fois, je ne fais pas figure d’expert dans ce domaine. Certaines personnes s’y connaissent mieux que moi. Dans cet article, mon seul désir et de partager mon expérience en fonction de ce que j’ai vécu et en fonction des connaissances accumulées. C’est également avec mon expérience de prêtre que j’écris ces quelques lignes.

Le(s) satanisme(s)

Bien souvent, on a tendance à ranger dans ce terme un tas de choses sans en faire la distinction. De ce fait, on trouvera un grand nombre de définitions du satanisme. C’est pourquoi je préfère parler : « des satanismes ».

Une définition globale que je pourrais poser est : « les satanismes sont la relation, l’invocation ou l’adoration d’anciennes divinités et parfois appelées différemment ». C’est un domaine extrêmement vaste où chaque groupe a une pratique et un savoir propre. Cela peut paraître anodin voir insignifiant. Et pourtant, ce n’est pas le cas et ce n’est jamais sans danger.

Le monde invisible

Nous devons admettre qu’il existe des choses qu’on ne comprend pas et qui nous dépassent. L’existence d’un monde invisible fait encore débat. Mais pour l’homme croyant cela semble une évidence. Toutes les religions affirment son existence. Dans la Bible on parle souvent d’ange, de paradis (ciel), d’enfer…

Le monde invisible est un peu comme si on était derrière un rideau. On peut le percevoir mais l’appréhender et le voir directement reste quelque chose d’impossible. De ce fait, on ne peut pas affirmer dans un premier temps si ces réalités sont bonnes ou mauvaises. Tenter de les connaître sans références, sans repères auxquels on peut s’attacher reste toujours risqué. Dans le cadre du catholicisme romain, cette référence c’est la Bible et le magistère.

Dans le christianisme, le spirituel positif, vous l’aurez compris, c’est Dieu. « C’est Dieu » est défini de façon simple par St Jean : « Dieu est amour ». Dans la Bible nous pouvons trouver des mots qui désignent le spirituel négatif: « satan, diable… ». Précisons avant tout qu’il s’agit bien là de personnes et non de symbolisation ou de représentation de choses que nous porterions en nous.

Selon l’Eglise catholique, Lucifer serait un ange créé bon par Dieu. Face au projet de Dieu pour l’humanité, ce dernier a choisi de ne pas obéir, de se révolter contre Dieu. Par conséquent il s’est coupé de Dieu par sa volonté. Ce lieu coupé de Dieu se nomme enfer. On comprend ainsi que Dieu n’a pas créé le mal, c’est une conséquence d’un choix libre fait par une personne. Dans le cas de Lucifer, sa décision a été prise en connaissance de cause, car il avait la pleine vision de Dieu. Ce choix a été fait dans l’éternité ce qui lui donne un caractère irrévocable. Selon l’Eglise, d’autres anges auraient fait le même choix.

À l’opposé, nous avons des anges qui ont fait le choix de rester avec Dieu et d’accepter son projet sur l’humanité. Ce lieu de communion et de vie avec Dieu s’appelle le paradis ou alors le ciel. Nous parlons bien ici de lieu spirituel et non de lieu physique. Dieu ne se trouve pas dans les nuages, tout comme les démons ne se trouvent pas sous terre.

Face à cette révélation, l’homme peut poser un choix plus ou moins conscient puisqu’il n’a pas la pleine vision de cette réalité. Le choix conscient d’une de ses réalités est de l’ordre de la religion. Le catholique, en ayant foi en Dieu, en faisant confiance en Dieu, fera librement et éventuellement le choix du baptême. Tout comme la personne qui choisit une autre religion rentrera dans cette famille spirituelle tout aussi librement par un acte propre à cette religion. Mais l’homme pourra également, pour certaines raisons, faire le choix de se tourner vers le diable voir de lui appartenir totalement pour certaines raisons : recherche de pouvoirs, haine ou rejet de Dieu…. La personne qui choisit de se donner totalement au diable sera liée par un pacte qui peut prendre différentes formes. Dans cet ultime cas, on peut parler de possession d’une personne qui s’est donnée totalement à une entité négative.

Je dois également souligner les dégâts importants que peuvent faire les rites d’initiation ou de consécration qui sont pratiqués dans le satanisme. Si l’accompagnement spirituel semble indispensable dans ces cas là, l’accompagnement psychologique doit également être pris en compte. Prenons par exemple, le rite de certaines sectes qui consiste à profaner un cimetière et à plonger ses mains dans une tombe où il y a un corps en décomposition. Autre exemple, une cérémonie où le candidat est amené à boire le sang d’un animal (un chat par exemple) qui a été torturé devant lui. Grâce à ces exemples, on comprend très vite l’utilité d’un accompagnement médical accompagné par la prière.

La différence entre nous et les anges, c’est que notre choix peut toujours changer. Dans le cas d’une personne qui aurait une relation avec une entité négative voire qui s’y est donnée totalement peut toujours en sortir. Chaque religion possède sa spiritualité, ses prières, des rites qui lui permettent de sortir de cette impasse. Dans l’Eglise catholique nous parlerons de prière de libération, et dans le cas de possession, d’exorcisme. Chaque diocèse a l’obligation de nommer une personne qui exercera ce ministère. Ce n’est donc pas n’importe quelle personne ou n’importe quel prêtre qui fera ce genre de démarche. À l’inverse d’une prière de libération, peut être faite par d’autres prêtres ou d’autres personnes qui elles aussi devront être formées et avoir une vie spirituelle forte.

Une démarche spirituelle cohérente et saine

Aujourd’hui, nous trouvons un tas de philosophies ou religiosités nouvelles. Peut-on parler pour autant de religion ? Pour moi, la religion est avant tout une relation avec quelque chose ou quelqu’un qui nous dépasse, qui est bien au-dessus de nous. On parlera de transcendance. Je dois aussi mentionner que dans une religion il y a ce qu’on appelle une révélation. Cette révélation nous dit qui est le dieu auquel on croit. Dans l’Eglise catholique, cette révélation, c’est la Bible, dans l’Islam ce sera le Coran. Si ces deux éléments ne sont pas réunis, on peut parler alors de philosophie ou un art de vivre.

Quel que soit le choix que la personne fait au niveau de sa croyance, il est nécessaire qu’il soit cohérent envers ce qu’elle croit. Bien souvent, certaines personnes prennent des pratiques religieuses en ne prenant pas leur fondement ou leurs racines. Ils se font ainsi une sorte de spiritualité à la carte puisant dans toutes les religions ou philosophies. C’est ce qu’on appelle le syncrétisme. Je dois avouer, hélas, il n’y a pas beaucoup de cohérence dans ce genre de foi. Car les principes qui sont à la base de ces pratiques sont contradictoires. Par exemple, je vois beaucoup de chrétiens qui pratiquent le yoga ou reprennent des éléments du bouddhisme. Dans le christianisme, nous sommes sauvés grâce à la foi en Jésus-Christ qui nous conduit au baptême. Nous sommes amenés alors à partager la vie éternelle avec Dieu, les anges et les saints. Dans le bouddhisme, nous sommes amenés à nous dissoudre dans une sorte de grand tout. On n’y arrive qu’au terme de multiples vies, les réincarnations, au cours desquelles nous devons annuler notre karma. Le karma étant la somme des bonnes et mauvaises actions posées tout au long de nos vies. On doit donc admettre que, d’un côté nous sommes sauvés grâce à l’amour de Dieu et dans l’autre cas, nous atteignons un but par nos propres forces. Il y a donc une incompatibilité intrinsèque. Mais cela n’exclut pas le dialogue et de connaître l’autre pour mieux s’apprécier.

On me dit souvent que dans ce domaine il faut écouter son cœur. Mais il ne faut pas confondre le cœur avec sensibilité. Le cœur, dans la Bible, c’est le lieu central de l’homme où toutes les facultés sont unies. Dans ce lieu, nous retrouvons également l’intelligence. Écouter son cœur ce n’est donc pas suivre ses émotions ou ses sentiments de façon aveugle. C’est aussi les soumettre au jugement de la raison. Si ce n’est pas le cas, on risque fortement de faire fausse route dans pas mal de domaines de notre vie et notamment la spiritualité.

Conclusion

Pour conclure, une spiritualité quelle qu’elle soit doit nous pousser à être heureux. Elle doit nous pousser à la paix et à la fraternité. Lorsqu’une religion nous pousse à la guerre ou au mal c’est que, quelque part, quelque chose ne va pas. Trop souvent, certaines personnes utilisent la religion ou la philosophie pour manipuler les autres. C’est notamment le jeu des sectes. Dans notre temps marqué par la diversité, il est donc bon d’être vigilant.

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