Saison 1, épisode huit : le plus beau jour de ma vie. Prêtre, un homme comme les autres ?

Mon témoignage: Podcast et Youtube

Tantôt, il est en quelque sorte la vedette locale. Parfois, il devient l’ennemi quand il remet les pendules à l’heure. L’image que l’on a du prêtre peut varier d’une personne à l’autre et surtout d’un moment à l’autre. Le décalage entre l’image et la réalité provoque chez les paroissiens de vifs émois. Mais, c’est aussi le cas pour le prêtre qui reste avant tout un homme. Regardons ça de plus près…

Un homme avec son histoire et sa façon d’être.

Vous pouvez prendre tous les prêtres de la terre, il n’en existe pas deux identiques. Traditionnel, charismatique ou tradismatique (mix entre le traditionalisme et le charismatique), il faut avant tout être conscient qu’à la base, il est un homme comme les autres. Le prêtre est avant tout un baptisé qui dans son histoire a fait l’objet d’un appel. On ne nait pas prêtre, on le devient.

Prenons un exemple : lorsqu’un menuisier décide de sculpter une table, dans son imagination, il a déjà une image de la table. Après cela, il va devoir choisir le bois adéquat pour réaliser son oeuvre. Table en chêne sculpté pour orner l’intérieur luxueux d’un château, table purement fonctionnelle pour le grand public, ça reste toujours la même utilisation mais dans des milieux différents. C’est pareil avec Dieu lorsqu’il appelle quelqu’un au sacerdoce. Il y a l’image qui est le projet de Dieu sur l’appelé et la matière première qui est le poids de son vécu. Le prêtre vivra son ministère avec tout le poids de son vécu. On peut apprécier, on peut parfois moins apprécier. Mais si le Seigneur a décidé d’en faire l’un de ses ministres, c’est qu’Il savait ce qu’il faisait. C’est aussi qu’Il avait un plan pour lui. Le reste est une affaire de discernement : quel ministère, quelle mission, c’est bien souvent à découvrir avec l’exercice du ministère lui-même mais aussi avec les talents particuliers que son vécu lui aura procurés.

L’homme partagé entre vie publique et privée.

La frontière n’est pas évidente à trouver. Par moments, le prêtre occupe une place centrale visible de tous. Il n’est pas le seul dans ce cas. Sa personne et sa vie sont souvent exposés et scrutés par les autres. Même dans la sphère privée, lorsqu’il est dans son presbytère, des personnes se présentent à lui pour diverses demandes. On aime d’un prêtre qu’il soit disponible. En effet, il doit l’être. Le danger qu’il encourt, c’est une division dans son unité de vie.

Dans l’évangile selon St Marc, on peut lire :  » Il leur dit : « Venez à l’écart dans un endroit désert, et reposez-vous un peu. » De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux, et l’on n’avait même pas le temps de manger. » (Mc 6, 31). Il est absolument nécessaire de tenir cet espace privé. Jeune prêtre, on pourrait avoir ce désir de réussir à tout faire. On dit souvent : « le prêtre, un autre Christ ». Expression dangereuse voire mortelle pour la vie sacerdotale. Savoir dire non est un acte de liberté essentiel. C’est même le premier acte de liberté que l’être humain peut poser. Il n’y a qu’un seul Jésus digne de ce nom. Le prêtre ne fait que le suivre. Il est un homme disponible, mais qui a besoin de temps pour lui. Celui qui se donne mal, ne se donne pas longtemps. Le lieu privé qui est physique, spirituel et temporel (au niveau de l’horaire) est essentiel pour être bien dans sa tête et dans son coeur.

Celui qui n’est pas seul…

C’est une image d’Eglise d’autrefois. Le prêtre dans son église, seul, faisant tout sans avoir besoin de personne ou de très peu de monde. Aujourd’hui, se conforter dans cette image est une erreur. La place et le rôle du prêtre a énormément changé. Il se situe au carrefour de l’humanité. Beaucoup de personnes en souffrance physique, morale ou spirituelle se présentent à lui. Un prêtre a forcément des connaissances particulières, mais il n’est pas spécialiste de tout. Un ministère réussi, c’est avant tout celui qui s’entoure d’autres personnes et surtout de laïcs qui l’assistent dans son ministère. Il y a des trésors de talents parmi les laïcs qui sont des chances pour l’Eglise. Le prêtre n’est pas seul, il travaille avec ses frères. Tout ministère est une collaboration à celui du Christ.

Celui qui rend présent le Christ

Le prêtre n’est pas une superstar. Il est avant tout un serviteur qui s’efface devant son maître. C’est bien là son rôle principal. Rendre le Christ présent dans tout ce qu’il fait. Le prêtre est celui qui, plus que jamais, doit favoriser l’action divine. Il est comme un outil. Lorsqu’on est face un beau tableau, on ne félicite pas le pinceau, mais le peintre. Le prêtre est celui qui renvoie toujours au Christ tout comme Lui-même renvoyait tout à son Père du ciel.

Un grand moment de la vie du prêtre, c’est l’Eucharistie. C’est là qu’il a la possibilité de Le rendre réellement présent. C’est un grand miracle. Il étend les mains sur le pain et le vin en récitant la prière de consécration et Il est là. C’est un grand miracle mais aussi une grande responsabilité pour le prêtre. Sa vie doit être conforme à ce qu’il célèbre, et pourtant il n’est qu’un pauvre homme qui, lui aussi, à le droit à l’erreur et à la chute. Mais un prêtre à la réputation sulfureuse, est grand dommage. Ça démolit l’Eglise et décourage un grand nombre de fidèles. Raison de plus pour avoir les yeux fixés sur le Christ plutôt que sur ses serviteurs

Le prêtre, un homme de prière

C’est bien là le cœur de sa vie, la relation avec le Christ. Cette vie de prière est son lieu source, l’endroit où il reprend des forces. Un prêtre qui ne prie pas risquerait de devenir un fonctionnaire. Celui qui fait son travail contre salaire, le gendarme qui fait respecter les règles ou la doctrine. Le prêtre est avant tout l’homme de l’invisible. Celui qui aime le Christ, qui essaie de mieux le connaitre pour mieux l’aimer et le faire aimer. Si ça passe par l’étude, la lecture de livres spirituels, ça passe aussi par la prière. C’est grâce à cette relation personnelle avec le Seigneur que le ministère lui-même devient source de sa spiritualité.

Conclusion

Être prêtre, ce n’est pas facile tous les jours. Mais en même temps, si le Seigneur nous a appelés à ce beau ministère, c’est pour un plus grand bonheur. C’est une grande joie pour moi de montrer le visage du Christ aux gens, un visage d’amour et de miséricorde. Selon moi, le prêtre qui fait cela, a un ministère complètement réussi. Pour ma part, je garde ce verset biblique en tête où Jésus parle des scribes et des pharisiens : « Ils attachent de pesants fardeaux, difficiles à porter, et ils en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. » C’est ma règle et la seule : ne jamais alourdir le fardeau des personnes que je rencontre et le plus possible, les en soulager.

Saison un, épisode six : en route vers le séminaire. Le combat spirituel.

Mon témoignage : Podcast et YouTube.

Pendant cet épisode, la décision a été prise. Je ferai mon possible pour devenir prêtre et je devrai rentrer au séminaire. Cela implique beaucoup de changements. Ceux-ci ne sont pas évidents. Un changement de vie implique quasiment toujours un combat. Dans cet article, je vous livre mon ressenti et ma modeste expérience.

 

La Passion du Christ… un exemple.

Dans le Notre-Père, nous redisons : « Que ta volonté soit faite ». Nous sommes là face à ce qui a fait le cœur de la vie du Christ. Il est venu parmi nous pour nous faire connaître qui est le Père et comment agir selon sa volonté. Il ne l’a pas fait seulement en paroles, il l’a fait également en actes. Le Christ devait nous rétablir dans la pleine communion avec Dieu le Père. Cependant, cela n’a pas été facile. Il a subi la contradiction, parfois même la haine de ceux à qui il proclamait la Bonne Nouvelle. Mais le sommet des difficultés qu’il a rencontrées, sa plus grande épreuve, c’est bien sa Passion. Jamais, à mon avis, personne n’a été aussi loin que lui pour accomplir la volonté de Dieu. Nous devons prendre exemple sur lui en essayant d’imiter ce qu’Il a fait sur la croix.

Décision.

Nous ne parlons pas ici d’un simple sentiment ou d’un ressenti. Même si ceux-ci sont utiles, il faut une décision forte et irrévocable. Nous sommes alors dans un acte de la raison et de l’intelligence. Le Christ était décidé à aller jusqu’au bout. Il n’a pas craqué devant les pharisiens, il n’a pas reculé quand il faisait l’objet d’un complot pour le tuer. Nous voyons bien ici la radicalité et la fermeté de sa décision.

Prenons un exemple. Le récit dans l’Évangile selon saint Jean où Jésus nous redit qu’il donnera sa chair et son sang comme nourriture et boisson. Beaucoup de personnes qui avaient été séduites par son discours sont parties et se sont détournées de lui. Seuls restaient les douze disciples qu’Il avait choisis. Jésus leur demande alors : « vous aussi, vous allez me quitter ? ». Cela me fait dire que le Christ n’aurait jamais renoncé à un seul mot prononcé à ce moment-là. Il aurait été même prêt à voir les douze partir de leur côté. Ce qui montre encore une fois la radicalité de sa décision.

Il faut aussi également souligner que les douze apôtres eux aussi avait pris cette décision irrévocable. Même si pour eux ça a été difficile, même s’il y a eu des moments de doute, ils ont tenu le coup, ils sont restés auprès de lui.

Persévérance.

Lorsqu’on répond à un appel, le combat est souvent long. Il va donc falloir tenir le coup dans la durée. Encore une fois, le Christ nous montre cela dans sa Passion et plus particulièrement à Gethsémani.

A Gethsémani, il a fait cette prière : « Père, que cette coupe passe loin de moi mais non pas ma volonté mais la tienne ». Le Christ nous montre qu’il ne souhaite pas la souffrance, que ça ne lui fait pas plaisir. Il le dit clairement son Père. Mais plus que tout ça, il lui demande le courage de faire sa volonté. On observe également dans cet Évangile que c’est à ce moment-là que Jésus commence à suer du sang. C’est un phénomène connu lorsque nous ressentons une grande angoisse ou une grande peur. Le Christ, par la grâce de son Père et son union avec Lui, possède la volonté nécessaire pour surmonter cette peur et accomplir sa volonté.

Don de soi.

Dieu nous a aimé au point de nous donner son Fils pour que nous soyons sauvés. À notre tour, il est logique, lorsqu’Il nous adresse un appel, de tout donner ou de nous donner complètement. Dans notre vocation chrétienne, nous ne le sommes pas à mi-temps ou seulement le week-end. Nous sommes chrétiens totalement, jusqu’au plus profond de notre âme. Et l’endroit où Dieu nous appelle nécessite également un don total.

Cela, le Christ nous le montre lorsqu’Il est sur la croix. Il n’avait qu’un mot à dire pour descendre et mettre fin à cette injustice. Face à cette réalité, le Christ va jusqu’au bout, jusqu’à mourir, et mourir d’une mort atroce.

Le Malin ne veut pas que tu sois heureux.

Comme je l’ai déjà dit, Dieu, grâce au projet qu’Il a sur toi, ne veut que ton bonheur. Mais il y en a un qui est prêt à contrecarrer ses projets : le Malin. Il fera tout pour que la volonté de Dieu ne se fasse pas dans ta vie.

Il suffit de regarder les tentations de Jésus au désert. Par trois fois, le diable essaie de le détourner de sa mission. Et à chaque fois, Jésus le met en déroute grâce à la Parole. Il est écrit ensuite qu’il le quitta jusqu’au moment fixé, c’est-à-dire la croix. Nous pouvons constater qu’à bien des reprises le Malin a fait mal au Christ, mais il n’a pas fait « du mal au Christ ». Dans nos vies aussi, le Malin peut nous faire mal. Mais soyons certains que Dieu, en nous donnant sa grâce, fera tout pour que nous puissions accomplir sa volonté.

Les armes du combat.

Lorsqu’on affronte un adversaire il est nécessaire de prendre les bonnes armes pour le combat. La première est la prière. Quelle que soit la prière, elle nous met en contact et en union avec le Christ, avec Dieu, avec Marie,… La prière nous obtient les grâces nécessaires pour accomplir la volonté de Dieu dans nos vies. Elle est également revigorante car, grâce à la prière, l’Esprit Saint vient prier en nous.

Une autre arme utile pour le combat c’est le jeûne. Quand les apôtres sont face à l’échec lorsqu’ils essayent de libérer un homme tourmenté par le Malin, Jésus leur répond que ce genre d’esprit ne se chasse que par la prière et le jeûne. Le jeûne nous aide particulièrement lorsque l’adversaire essaie de semer le doute dans nos cœurs (ou d’une autre façon) et à lutter efficacement contre ses attaques.

Il sera utile également d’avoir une vie sacramentelle active. Recevoir l’Eucharistie aussi souvent que l’on peut. L’Eucharistie nous offre l’union la plus profonde avec Jésus. Lorsque nous communions, Jésus est réellement présent dans son Corps et dans son Sang et est présent en nous. Un peu comme il l’était lors de l’Incarnation pour la Vierge Marie.

Se confesser régulièrement. La confession restaure en nous l’image des fils de Dieu. Dans la confession, nous pouvons offrir toutes nos fautes, tous nos regrets, mais également tout ce qui nous fait souffrir. Dans ce sacrement, le Seigneur nous offre une guérison intérieure. Il est logique avant un combat de le démarrer en bonne santé.

Il y a aussi la lecture de la Parole de Dieu. Lire la Parole de Dieu, c’est ouvrir la porte à l’Esprit Saint. La Parole est inspirée de Dieu par l’Esprit Saint et elle communique l’Esprit Saint à ceux qui la lisent. Et comme le dit si bien la lettre à Timothée, cette Parole vient équiper l’homme de Dieu pour toute œuvre bonne.

Conclusion.

Mener le bon combat n’est donc pas une chose facile mais c’est un bon combat. N’oublions pas que nous ne sommes pas seuls à le mener. Le Christ aujourd’hui a encore beaucoup de disciples qui décident de se battre pour que son règne vienne que ce soit dans l’Eglise ou dans les domaines les plus ordinaires de la vie quotidienne. Mais surtout, n’oublions pas qu’Il est avec nous jusqu’à la fin des temps et qu’Il continue à lutter à nos côtés.