Saison un, épisode six : en route vers le séminaire. Le combat spirituel.

Mon témoignage : Podcast et YouTube.

Pendant cet épisode, la décision a été prise. Je ferai mon possible pour devenir prêtre et je devrai rentrer au séminaire. Cela implique beaucoup de changements. Ceux-ci ne sont pas évidents. Un changement de vie implique quasiment toujours un combat. Dans cet article, je vous livre mon ressenti et ma modeste expérience.

 

La Passion du Christ… un exemple.

Dans le Notre-Père, nous redisons : « Que ta volonté soit faite ». Nous sommes là face à ce qui a fait le cœur de la vie du Christ. Il est venu parmi nous pour nous faire connaître qui est le Père et comment agir selon sa volonté. Il ne l’a pas fait seulement en paroles, il l’a fait également en actes. Le Christ devait nous rétablir dans la pleine communion avec Dieu le Père. Cependant, cela n’a pas été facile. Il a subi la contradiction, parfois même la haine de ceux à qui il proclamait la Bonne Nouvelle. Mais le sommet des difficultés qu’il a rencontrées, sa plus grande épreuve, c’est bien sa Passion. Jamais, à mon avis, personne n’a été aussi loin que lui pour accomplir la volonté de Dieu. Nous devons prendre exemple sur lui en essayant d’imiter ce qu’Il a fait sur la croix.

Décision.

Nous ne parlons pas ici d’un simple sentiment ou d’un ressenti. Même si ceux-ci sont utiles, il faut une décision forte et irrévocable. Nous sommes alors dans un acte de la raison et de l’intelligence. Le Christ était décidé à aller jusqu’au bout. Il n’a pas craqué devant les pharisiens, il n’a pas reculé quand il faisait l’objet d’un complot pour le tuer. Nous voyons bien ici la radicalité et la fermeté de sa décision.

Prenons un exemple. Le récit dans l’Évangile selon saint Jean où Jésus nous redit qu’il donnera sa chair et son sang comme nourriture et boisson. Beaucoup de personnes qui avaient été séduites par son discours sont parties et se sont détournées de lui. Seuls restaient les douze disciples qu’Il avait choisis. Jésus leur demande alors : « vous aussi, vous allez me quitter ? ». Cela me fait dire que le Christ n’aurait jamais renoncé à un seul mot prononcé à ce moment-là. Il aurait été même prêt à voir les douze partir de leur côté. Ce qui montre encore une fois la radicalité de sa décision.

Il faut aussi également souligner que les douze apôtres eux aussi avait pris cette décision irrévocable. Même si pour eux ça a été difficile, même s’il y a eu des moments de doute, ils ont tenu le coup, ils sont restés auprès de lui.

Persévérance.

Lorsqu’on répond à un appel, le combat est souvent long. Il va donc falloir tenir le coup dans la durée. Encore une fois, le Christ nous montre cela dans sa Passion et plus particulièrement à Gethsémani.

A Gethsémani, il a fait cette prière : « Père, que cette coupe passe loin de moi mais non pas ma volonté mais la tienne ». Le Christ nous montre qu’il ne souhaite pas la souffrance, que ça ne lui fait pas plaisir. Il le dit clairement son Père. Mais plus que tout ça, il lui demande le courage de faire sa volonté. On observe également dans cet Évangile que c’est à ce moment-là que Jésus commence à suer du sang. C’est un phénomène connu lorsque nous ressentons une grande angoisse ou une grande peur. Le Christ, par la grâce de son Père et son union avec Lui, possède la volonté nécessaire pour surmonter cette peur et accomplir sa volonté.

Don de soi.

Dieu nous a aimé au point de nous donner son Fils pour que nous soyons sauvés. À notre tour, il est logique, lorsqu’Il nous adresse un appel, de tout donner ou de nous donner complètement. Dans notre vocation chrétienne, nous ne le sommes pas à mi-temps ou seulement le week-end. Nous sommes chrétiens totalement, jusqu’au plus profond de notre âme. Et l’endroit où Dieu nous appelle nécessite également un don total.

Cela, le Christ nous le montre lorsqu’Il est sur la croix. Il n’avait qu’un mot à dire pour descendre et mettre fin à cette injustice. Face à cette réalité, le Christ va jusqu’au bout, jusqu’à mourir, et mourir d’une mort atroce.

Le Malin ne veut pas que tu sois heureux.

Comme je l’ai déjà dit, Dieu, grâce au projet qu’Il a sur toi, ne veut que ton bonheur. Mais il y en a un qui est prêt à contrecarrer ses projets : le Malin. Il fera tout pour que la volonté de Dieu ne se fasse pas dans ta vie.

Il suffit de regarder les tentations de Jésus au désert. Par trois fois, le diable essaie de le détourner de sa mission. Et à chaque fois, Jésus le met en déroute grâce à la Parole. Il est écrit ensuite qu’il le quitta jusqu’au moment fixé, c’est-à-dire la croix. Nous pouvons constater qu’à bien des reprises le Malin a fait mal au Christ, mais il n’a pas fait « du mal au Christ ». Dans nos vies aussi, le Malin peut nous faire mal. Mais soyons certains que Dieu, en nous donnant sa grâce, fera tout pour que nous puissions accomplir sa volonté.

Les armes du combat.

Lorsqu’on affronte un adversaire il est nécessaire de prendre les bonnes armes pour le combat. La première est la prière. Quelle que soit la prière, elle nous met en contact et en union avec le Christ, avec Dieu, avec Marie,… La prière nous obtient les grâces nécessaires pour accomplir la volonté de Dieu dans nos vies. Elle est également revigorante car, grâce à la prière, l’Esprit Saint vient prier en nous.

Une autre arme utile pour le combat c’est le jeûne. Quand les apôtres sont face à l’échec lorsqu’ils essayent de libérer un homme tourmenté par le Malin, Jésus leur répond que ce genre d’esprit ne se chasse que par la prière et le jeûne. Le jeûne nous aide particulièrement lorsque l’adversaire essaie de semer le doute dans nos cœurs (ou d’une autre façon) et à lutter efficacement contre ses attaques.

Il sera utile également d’avoir une vie sacramentelle active. Recevoir l’Eucharistie aussi souvent que l’on peut. L’Eucharistie nous offre l’union la plus profonde avec Jésus. Lorsque nous communions, Jésus est réellement présent dans son Corps et dans son Sang et est présent en nous. Un peu comme il l’était lors de l’Incarnation pour la Vierge Marie.

Se confesser régulièrement. La confession restaure en nous l’image des fils de Dieu. Dans la confession, nous pouvons offrir toutes nos fautes, tous nos regrets, mais également tout ce qui nous fait souffrir. Dans ce sacrement, le Seigneur nous offre une guérison intérieure. Il est logique avant un combat de le démarrer en bonne santé.

Il y a aussi la lecture de la Parole de Dieu. Lire la Parole de Dieu, c’est ouvrir la porte à l’Esprit Saint. La Parole est inspirée de Dieu par l’Esprit Saint et elle communique l’Esprit Saint à ceux qui la lisent. Et comme le dit si bien la lettre à Timothée, cette Parole vient équiper l’homme de Dieu pour toute œuvre bonne.

Conclusion.

Mener le bon combat n’est donc pas une chose facile mais c’est un bon combat. N’oublions pas que nous ne sommes pas seuls à le mener. Le Christ aujourd’hui a encore beaucoup de disciples qui décident de se battre pour que son règne vienne que ce soit dans l’Eglise ou dans les domaines les plus ordinaires de la vie quotidienne. Mais surtout, n’oublions pas qu’Il est avec nous jusqu’à la fin des temps et qu’Il continue à lutter à nos côtés.

Saison un, épisode deux : Ma scolarité. Le harcèlement scolaire.

Mon témoignage sur Youtube et en Podcast

Dans cet épisode, je vous ai expliqué comment, pendant cinq ans, j’ai été moi-même victime de ce qu’on peut appeler le harcèlement scolaire. Les effets de cela sur ma personne ont eu pas mal conséquences sur mes choix de vie et sur ma façon d’être. Je ne vais pas aborder la question d’un point de vue psychologique, mais seulement mon expérience et mon analyse de ce phénomène.

Pourquoi ?

Une des premières questions que l’on peut se poser c’est : « Pourquoi moi ? », « Pourquoi font-ils ça ? ». Ces questions ne sont pas évidentes. Il serait trop simple de ranger dans une seule catégorie les causes du harcèlement. Elles sont, je pense, multiples.

En premier lieu, il y a le simple fait du désir de vengeance ou de la haine du harceleur envers sa victime. Et nous en avons vu de tristes exemples dans la presse. Prenons l’exemple d’un couple d’adolescents vivant une rupture. L’un des deux pourra avoir envie de se venger de l’autre. La colère, la déception, mais surtout la douleur et la blessure reçues par celui qui n’a trouvé que ce moyen-là pour s’exprimer. Et par cela, je ne tiens pas à prendre leur défense. Je désire simplement souligner la racine du mal. Une fois détectée, et avec l’aide de psychologues ou de spécialistes, c’est offrir une chance de guérison. En effet, dans ce cas de figure, la personne blessée devient une personne blessante. Si une guérison profonde n’est pas réalisée, le harceleur pourra faire beaucoup plus qu’une victime dans son entourage. Il y a à mon avis un effet domino qui peut être évité.

On peut voir aussi pour le harceleur de prendre du bon temps et de rire en faisant des plaisanteries qui lui semblent totalement anodines. La victime, dans ce cas, sera la plupart du temps quelqu’un de différent. Suffisamment différent pour que les plaisanteries deviennent répétitives et de plus en plus fortes. Dans ce genre de cas, la méchanceté ou la vengeance n’est pas première. C’est surtout un problème d’ignorance ou de manque de conscience face à la réalité de la part du harceleur.

Le phénomène du harcèlement est bien souvent amplifié par l’effet de masse. Dans pas mal de cas, c’est un groupe plus ou moins grand. Beaucoup de personnes se sentent poussées à prendre part au phénomène, car ça leur semble normal puisque: « beaucoup le font ». On est à peu de chose près dans le cas révélé par l’expérience Milgram. Peu de personnes auront le courage d’agir différemment. Pour cela, il faut une grande force intérieure.

L’effet des réseaux sociaux.

L’arrivée des réseaux sociaux a, selon moi, aggravé le phénomène du harcèlement. Les réseaux sociaux ne sont pas forcément mauvais, mais l’utilisation qu’on en fait peut transformer notre société en véritable tyrannie. Une fois qu’on était sorti du milieu où l’on vivait le harcèlement, on était dans une bulle d’oxygène dans laquelle on pouvait reprendre souffle. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ont tendance à partager leur vie privée sur ces réseaux. La sphère privée devient alors publique. Cet espace vital est dès lors inexistant. Par là, les réseaux sociaux offrent une brèche dans laquelle le harcèlement peut s’infiltrer dans la sphère privée. La vie de la victime devient alors un véritable enfer.

Il faut avouer aussi que les réseaux sociaux sont le lieu d’un grand déballage. Tout le monde se sent obligé de donner son avis sur tout et n’importe quoi dans des domaines où souvent ils n’ont aucune compétence. Le débat constructif se transforme alors en déballage d’opinion. La vérité devient alors la publication ou le commentaire qui fait le plus de buzz.

C’est un phénomène politique (dans le sens du vivre ensemble). L’intrusion du public dans la sphère privée se nomme « une tyrannie ». Pour éviter cela, il est bon de ne pas publier de choses personnelles sur les réseaux sociaux. Il est nécessaire aussi quand on s’exprime sur un sujet d’être sûr d’avoir l’expérience et les connaissances nécessaires pour en débattre. Les réseaux sociaux peuvent être une richesse, une chance et un très bon moyen de tisser des liens avec les autres. Il nous appartient de ne pas en faire une arme qui pourrait détruire notre vie ou notre société.

Toutefois, les réseaux sociaux peuvent aider à détecter le problème plus facilement. En effet, le harcèlement devenant public est visible par plus de personnes. Il sera donc plus facile pour ceux qui observent ce phénomène sur Internet de pouvoir briser la loi du silence. À condition qu’ils osent contacter la famille des personnes qui sont victimes de tels actes.

Comment en sortir ?

Dans un premier temps, détecter le problème ne va pas être une chose simple. Parfois, la victime va avoir tendance à cacher la triste réalité quitte à mentir. Dans mon cas personnel, je vous ai témoigné que j’ai subi cette situation durant cinq ans sans jamais en parler. Encore aujourd’hui je n’en ai jamais parlé à ma famille.

Il faut obligatoirement briser la loi du silence. Que ce soit par le sujet lui-même, par des amis, des enseignants, des éducateurs… La victime peut penser que le problème ce ne sont pas les autres, mais elle-même. Il est important dans ce cas de remettre les choses en ordre. On a tous droit à être différent et au respect des autres. La victime doit être consciente que, quelles que soient les circonstances, elle reste une victime et il n’y a aucune culpabilité à ressentir. On peut ainsi déjà diminuer une partie du fardeau qu’elle porte.

Il est nécessaire dans un certain cas d’offrir une nouvelle bulle d’oxygène à la victime. On peut imaginer une mise à distance du lieu et des personnes liées au fait du harcèlement. Une visite chez un médecin ou un psychologue pourra être, dans certains cas, salutaire voir indispensable. Tout doit être mis en oeuvre pour que la victime puisse se reconstruire et reprendre une vie normale.

Du côté des harceleurs, il est nécessaire qu’ils puissent eux aussi sortir de leur comportement. Un travail d’éducation et d’information sera absolument nécessaire. Parfois, ils ne sont pas conscients eux-mêmes d’être dans l’erreur. Ils penseront être dans le domaine de la plaisanterie anodine. Le harcèlement et ses conséquences sont aujourd’hui punis par la loi. Il faut pouvoir aussi les sauver avant qu’ils ne gâchent leur vie inutilement.

Le Christ aussi…

En lisant l’Évangile, on s’aperçoit que le Christ, d’une certaine façon, a aussi subi la persécution et d’une certaine façon le harcèlement. Combien de fois les scribes et les pharisiens ont essayé de le ridiculiser en lui tendant un piège. En regardant sa Passion, on voit également qu’il a subi la moquerie, les crachats, les coups…

Le Christ vient ainsi rejoindre les personnes qui sont dans cette situation. Une lecture accompagnée et priante de la Passion offre ainsi une grâce de guérison et une force spirituelle pour continuer à avancer. La victime pourra être accompagnée par une prière de guérison intérieure exécutée par des personnes correctement formées.

La dimension spirituelle doit être absolument accompagnée par la démarche médicale. Elle ne peut en aucun cas s’y substituer. Médecine et spiritualité ont beaucoup à gagner à travailler ensemble en respectant les limites de leur domaine d’action.

N’oublions pas également les moyens offerts par l’église. Par exemple les sacrements comme le sacrement des malades et la confession. Dans la confession, n’oublions pas que nous pouvons confesser toutes nos souffrances et nos blessures. Dans les sacrements, c’est le Christ lui-même qui agit.

La démarche spirituelle peut se proposer. Elle est un grand bénéfice, mais elle ne peut pas s’imposer. Il est nécessaire de respecter la religion ou la spiritualité de chacun. Chaque religion contient une dimension qui peut aider le croyant à cheminer dans l’épreuve et la souffrance.

Conclusion.

De mon temps, le phénomène n’était pas très connu, me semble-t-il. Aujourd’hui, il l’est beaucoup mieux. Des associations ont vu le jour. Elles font un travail extraordinaire au niveau de l’information, de l’aide aux victimes et à leurs familles. On peut également se réjouir que notre temps soit plus ouvert à la différence. Pourtant, malgré cela, le phénomène est toujours d’actualité.